Rencontre des petites soeurs d'Agadez et de Jacques
Par Gaïdig, dimanche 6 août 2006 à 22:27 :: Carnet de voyage :: rss
La messe est à 8h30, chacune de nous y a un rôle. Le sermon est comme d’habitude assez long (25 minutes, Gaïdig a compté parce quand on a des dérangements intestinaux on aimerait parfois que ce soit un peu plus court !) Après la messe nous nous rendons chez les petites sœurs, guidées par Ramatou et chouchou. En chemin on s’arrête dire bonjour à la petite sœur de Ramatou. Elle a 17 ans et s’est mariée il y a deux mois. Ici les filles non instruites sont mariées très tôt. Et si jamais une fille redouble, assurément elle quittera l’école et ses parents lui trouveront un mari. Il n’est pas trop possible de s’opposer à ce système. Pourtant Ramatou l’a fait. C’est une ancienne musulmane. Depuis deux ans elle se prépare au baptême. Elle a dû lutter contre sa famille qui voulait la marier à quelqu’un. Avec sa force de caractère elle a réussi à « gagner sa bataille » !
Quand Ramatou est partie nous restons avec les petites sœurs. Nous discutons des ONG : elles aussi sont très sceptiques. Beaucoup d’argent est en jeu, mais une grande partie passe dans la logistique. De plus les actions sont souvent mal suivies ou inadaptées. Par exemple Ramatou travaille chez un opticien, mais il est difficile d’en vivre puisque beaucoup d’associations distribuent gratuitement des lunettes (qui sont donc inadaptées).
En comparant le Niger et le Nigeria les sœurs nous confirment nos impressions : les Nigériens sont des gens plutôt passifs ou calmes. Les Haoussas sont très doués pour le commerce mais sinon ils manquent de confiance dans tout ce qu’ils entreprennent. Le Nigérians quant à eux sont beaucoup plus actifs : ils ont de nombreuses idées et arrivent à aller jusqu’au bout de leur projets.
Depuis une semaine nous avons fait une constatation : en Afrique la parole est d’or. Or les invitations sont nombreuses, trop nombreuses et il nous est quasiment impossible de dire non ? Nous sommes donc souvent coincées, et notre programme finit par être chargé. Ici même si on dit un « oui » de politesse cela revient à signer un contrat. Ne jamais s’aventurer avec des plans « foireux » !
L’après midi nous rencontrons Jacques. C’est un informaticien français qui est venu « comme ça » au Niger et qui continue à prolonger son séjour. Il donne des cours de mathématiques à Ambroisine pour essayer de lui faire rattraper le retard qu’elle a pris par rapport aux autres élèves scientifiques. Il donne également des cours d’informatique. Il vit ainsi sur ses économies personnelles. Il rentrera quand financièrement il ne pourra plus suivre… Nous allons ensuite acheter des bijoux avec Yves, très dur en négociation. 45 minutes plus tard le prix a été plus que divisé par deux, ça valait le coup d’être patientes !
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